ALCHIMIE de la DOULEUR et La PRIERE d' un PAIEN de BAUDELAIRE

20:55, 04/19,2008

ALCHIMIE de la DOULEUR
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L'un t'éclaire avec son ardeur,
L'autre en toi met son deuil, Nature !
Ce qui dit à l'un : Sépulture !
Dit à l'autre : Vie et splendeur !

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Hermès inconnu qui m'assistes
Et qui toujours m'intimidas,

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Tu me rends l'égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes

         

Par toi je change l'or en fer
Et le paradis en enfer ;
Dans le suaire des nuages

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Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

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LA PRIèRE d ' un PAIEN
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Ah ! ne ralentis pas tes flammes ;
Réchauffe mon coeur engourdi,
Volupté, torture des âmes !
Diva ! supplicem exaudi !

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Déesse dans l'air répandue,
Flamme dans notre souterrain !
Exauce une âme morfondue,
Qui te consacre un chant d'airain.

Volupté, sois toujours ma reine !
Prends le masque d'une sirène
Faite de chair et de velours,

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Ou verse-moi tes sommeils lourds
Dans le vin informe et mystique,
Volupté, fantôme élastique !

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Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
(Recueil : Les fleurs du mal)


 

HARMONIE du SOIR de BAUDELAIRE

05:23, 11/19,2007
10816583_p HARMONIE du SOIR **************************** Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;

         

Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir; Valse mélancolique et langoureux vertige! Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige; Valse mélancolique et langoureux vertige! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!

         

Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir

         


 

LA VIE ANTERIEURE de Charles BAUDELAIRE

05:58, 04/27,2007
J'ai longtemps habité sous de vastes portiques Que les soleils marins teignaient de mille feux, Et que leurs grands piliers, droits et majestueux, Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques. Les houles, en roulant les images des cieux, Mêlaient d'une façon solennelle et mystique Les tout-puissants accords de leur riche musique Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux. C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes, Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs, Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes, Et dont l'unique soin était d'approfondir Le secret douloureux qui me faisait languir. Charles Baudelaire (1821-1867)